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Portrait de Amanda Kabuiku

Courrier International : Brésil, une puissance en marche

Par Amanda Kabuiku, le 14 juillet 2013, dans Politique
On parle beaucoup du Brésil en ce moment…Pas toujours de façon positive…Pourtant ce pays a fait en deux décennies ce que la France peine à consolider malgré les trente glorieuses.

Brésil, une puissance en marche ?

Il ose parler des sujets qui fâchent et reste lucide face à ses contradictions. C'est le début d'un grand changement qui s'opère. Le Brésil devient grand et comme chaque nation, elle doit faire face à ses démons, qu'elle espère chasser grâce à l'arrivée du Pape en 2013, de la Coupe du Monde de Football 2014 et des J.O. de 2016.

Il est vrai qu'elle a voulu vivre la fast life trop vite. Pour beaucoup ces différents évènements sont un frein au développement du Brésil, en d'autres termes, ce pays de paysans en tongs a eu les yeux plus gros que le ventre ! Ce n'est pas complètement faux et pas complètement vrai...

Chirac l'a pourtant bien fait. Il a compté sur la Coupe du Monde de 1998 pour calmer les tensions sociales dans le pays. Il a utilisé le football pour créer un sentiment d'unité. Que tu sois Black, Blanc ou Beur, tout le monde se retrouvait dans la rue pour soutenir l'équipe du Zimbabwe,euh non l'équipe de France ! Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, n'est-ce pas ?

Le Brésil est en voie de maturation et c'est une bonne chose ! C'est tout à fait normal. Faire de beaux stades pour les Gringos, ne suffit plus ! Le Brésil a toujours voulu faciliter les choses pour les étrangers, maintenant ce n'est plus possible ! Les Brésiliens veulent leur part de gâteau. Ils veulent le "package" d'un pays mondialement puissant. L'école est un ascenseur social à ne pas négliger et les Afro-brésiliens sont les premiers à en connaître l'importance mais aussi les moins nombreux à descendre manifester dans la rue pourtant de nombreux en ont bénéficié afin d'échapper à leur destin de boniche analphabète. Le hors-série de Courrier International s'attarde sur le cas brésilien avec brio. Le dossier est clair, assez complet et diversifié. Evidemment dans la culture populaire internationale, le Brésil se résume aux plages de Rio de Janeiro, à Gisèle Bündchen, aux centres commerciaux de richards de São Paulo, à Jesus, l'ex-mec opportuniste et crevard de la vieille Madonna ou aux telenovelas de France O. Les journalistes, militants et sociologues brésiliens posent un regard lucide sur ce pays en transition. Sans faux-semblants, langue de bois ou angélisme, ils vont droit au but ! Exit le monde bisounours, tout y est décrypté : l'économie, les clivages sociaux, la force médiatique des telenovelas, la corruption endémique, l’abus et le détournement de l’argent public, l'émergence d'une nouvelle classe moyenne, les limites de la politique de Lula et last but not least le football !

La couverture pose les bases. Le photographe Julio Bittencourt nous rappelle que son pays n'est pas un pays où règnent de manière uniforme la perfection corporelle et la beauté blanche. Bittencourt a fait le parti pris d'aller à l'encontre des clichés ambulants. Il qualifie son travail de "mégaphone pour donner la parole aux sans-voix". Une jeune femme noire, aux traits négroïdes et aux cheveux crépus illustre avec grâce le changement vers lequel se dirige le pays. A côté de la jeune fille, cette phrase percutante est inscrite : "Brésil, une puissance en marche". Pourtant cette femme n'a pas l'air d'être puissante ou d'être en marche pour quoi que ce soit, c'est justement là où se trouve la force de la photographie. Est-ce prophétique ? Rien n'est certain mais n'oublions pas que le Brésil a fait son chemin sans faire grand bruit à l'image de cette jeune fille, à première vue démunie mais dotée d'un regard franc.

Courrier International souhaite élargir notre regard. Le Brésil apprend à se défaire peu à peu de son passé d'ancienne colonie portugaise, terre d'esclavage et terre de violence pour écrire une nouvelle histoire, non sans difficulté car ce qui est ancien est encore présent dans les mentalités. Nous oublions souvent à tort que cette terre est jeune, riche et encore en quête de son identité propre. La difficulté est de diriger le regard de différents groupes ethniques au passé commun douloureux vers la même direction :  l'avancement social, économique et culturel. Il ne faut pas se leurrer, c'est pareil partout. Tout ne sera pas rose dans le pays où coule l'or vert mais le questionnement est en marche et ça c'est bien !

La presse internationale dépeint un Brésil désenchanté, à la limite du chaos. Franchement, l'Europe est jalouse. Le Brésil a besoin de cela pour grandir, c'est ce qui la rendra plus mature, plus humain et muni de l'expérience nécessaire pour l'ouvrir dans les débats internationaux. Il a fait en 20 ans, ce que l'Europe a fait en plusieurs siècles. Il est temps de quitter les belles plages d'Ipanema et de Copacabana pour parler des sujets qui fâchent. Les Brésiliens doivent se réapproprier le Brésil. Cette crise nous montrera sa force à régler ses problèmes économico-sociaux. C'est en fait là que tout se joue. L'attitude de Dilma Roussef va être déterminante. Va-t-elle se comporter en présidente à l'écoute de son peuple multiculturel ou va-t-elle céder à la panique et se réfugier dans Lulisme ?

La suite au prochain épisode.

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Commentaires

Bonjour, J'aimerais savoir

Bonjour,

J'aimerais savoir si tu sais où il est possible de se procurer cet hors-série?

Ton article m'a donné envie de le lire ^^

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