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Portrait de Danielle Ahanda

Maya Angelou l’âme de l’Amérique noire qui ne veut plus subir

Par Danielle Ahanda, le 30 mai 2014, dans Politique

Elle fut enseignante, écrivain, poétesse, militante pour les droits civiques, comédienne, danseuses, chanteuse et bien d’autres choses encore, tant sa vie fut riche et inspirante. Le professeur Maya Angelou nous a quittés le 28 mai 2014, des suites d’une longue maladie. Elle avait 86 ans.

Maya Angelou l’âme de l’Amérique noire qui ne veut plus subir

Les réactions suscitées par ce décès, notamment sur la toile, illustrent à quel point Maya Angelou, de son véritable nom Marguerite Ann Johnson, fut une figure emblématique du monde des arts et de la politique Outre Atlantique. Mais pas seulement.

Nous sommes nombreux à avoir en tête au moins une pensée de Maya Angelou. Parfois même sans le savoir.

A la rédaction nous gardons en mémoire cette réponse apportée à un journaliste  :

"I a not African, I am not American, I am Afrosomething"

Parce que c’est celle qui préside à la création de notre webzine. Maya Angelou était une rassembleuse. Africains, Américains, noirs, blancs…Elle prêchait pour que nous soyons tous unis dans un but absolu : le bonheur et la liberté.

C’est pour ça qu’aujourd’hui aux Etats-Unis ses livres sont aux programmes scolaires. Maya estimait qu’il était important d’enseigner aux enfants que la diversité est une richesse et une force.

Née le 4 avril 1928 à Saint-Louis, dans le  Missouri, Maya Angelou est connue du grand public pour ses œuvres autobiographiques I Know Why the Caged Bird Sings (1969) et All God's Children Need Traveling Shoes (1986), et ses recueils de poèmes aujourd’hui traduits en Français. En 1971 son recueil Just Give Me a Cool Drink of Water Fore I Die (1971) est proposé pour le prix Pulitzer.

Maya Angelou qui a connu une enfance difficile, n’a jamais renoncé à un monde plus juste pour tous. Sexuellement abusée à l’âge de 7 ans, elle refuse de se laisser résumer par cette agression (racontée dans son autobiographie I Know Why the Caged Bird Sings) et tente tant bien que mal de survivre dans une Amérique sclérosée par le racisme et la ségrégation. Première noire à fréquenter une école privée dans la petite ville de Californie où sa mère tente de l’aider à surmonter le drame, elle comprend rapidement que le savoir est une arme. Spécialement pour les noirs qui n’y ont pas accès librement.

Peu avant ses 30 ans, Maya Angelou décide de s’installer à Harlem avec son fils. Elle trouve alors un quartier en plein effervescence. C’est l’Amérique noire qui ne veut plus subir. Maya Angelou découvre et prend part au mouvement artistique et politique qui a débuté bien plus tôt dans les années 20, avec ce qu’on a alors appelé Harlem Renaissance. Un mouvement qui n’avait pas vraiment pu éclore, à cause du contexte socio-politique particulièrement violent qui empêchait aux noirs toute projection durable dans l’avenir.

Maya Angelou l’âme de l’Amérique noire qui ne veut plus subir

"I a not African, I am not American, I am Afrosomething"

Au milieu des années 60, les protagonistes du mouvement des droits civiques appellent les artistes noirs à rejoindre leurs rangs.

Maya fait alors la connaissance de personnalités qui font changer le cours de l’histoire. Parmi eux, l’écrivain James Baldwin, ainsi que Malcom X et Martin Luther King.

C’est à cette époque que Maya Angelou rencontre Vusumzi Make, compagnon de lutte de Nelson Mandela, alors en exil. Elle s’engage à ses côtés et le suivra jusqu’en Égypte.  A la fin de leur union, elle s'installe au Ghana avec son fils. En 1957 le Ghana est le premier pays d’Afrique Subsaharienne à s’affranchir du joug du colonialisme. Cette indépendance insuffle force et espoir aux militants Américains des droits civiques. Le Ghana devient une sorte de terre d’accueil pour de nombreuses personnalités comme Malcom Xqui viennent tirer des enseignements du parcours du Dr Kwame Nkrumah, l’homme qui a mené le Ghana à l’indépendance. Nkrumah avait lui-même fait ses études supérieures aux Etats-Unis où il découvre les écrits de Marcus Garveyet le panafricanisme qui prône l’Afrique aux Africains et le retour en Afrique.

En 1965 Maya Angelou rentre aux États-Unis en 1965. Martin Luther King lui confie la direction de la section nord de son association de droits civiques, Southern Christian Leadership Conference. L’assassinat du Pasteur le 4 avril 1968,va la terrasser. Pour survivre elle se lance dans l’écriture, encouragée par son ami James Baldwin.

Depuis lors elle ne s’est jamais arrêtée. Depuis 1981 elle enseignait l'histoire américaine à l’université de Wake Forest en Caroline du Nord.

Devenue le mentor de nombreuses personnalités dont Oprah Winfrey, Maya Angelou collaboraient régulièrement avec des artistes de tout bord. On a pu la voir en 1977 dans la série Racines. En 1993, le personnage joué par Janet Jackson dans le film Poetic Justice, écrit de très beaux poèmes. Le réalisateur John Singleton a fait appel à Maya Angelou pour donner de la profondeur à son héroine. En 1996 elle dirige son premier film, "Down in the Delta" avec Wesley Snipes et Alfre Woodard sur les séquelles de l’esclavage. Maya Angelou a également participé à l’écriture d’épisodes de séries TV à succès telles que Moesha ou encore Phénomène Raven. En 2011, elle préface l’autobiographie du rappeur Common.

Récemment Maya Angelou n’avait pas hésité à s’exprimer au sujet de la polémique suscitée par les propos racistes tenus par Donald Sterling l’ex propriétaire des Clippers de Los Angeles, une franchise de basket-ball de la NBA. Qualifiant son bannissement d’énorme pas en avant, elle déclare :

"Il y a 25 ans, personne n’aurait réagi à de tels propos-Certains auraient secoué la tête mais c’est tout. Mais rendez-vous compte, aujourd’hui, malgré sa peau blanche et sa fortune colossale cet homme a été poussé vers la sortie. Je viens de réaliser le chemin parcouru et à quel point nous tendons aujourd’hui vers l’égalité raciale."

Ce fut le dernier engagement de Maya Angelou, dans son long et fastidieux combat pour l'égalité.

Maya Angelou restera définitivement l’âme de l’Amérique noire qui ne veut plus subir mais écrire son destin.

Good Bye Maya Angelou

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Commentaires

Un bel hommage

Un bel article, fort instructif. Je n'avais aucune idée de l'implication de cette grande Dame pour la télévision ou le cinéma. Elle n'a donc jamais cessé de s'investir pour sa cause. Une source d'inspiration inépuisable.

Maya Angelou une grande dame

J'espère qu'elle rentrera dans les livres d'histoires scolaires afin que tous les enfants en particulier les enfants noirs connaissent notre histoire

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