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Portrait de Miss Natïaa

Phénomène : la Booty Therapy de Maïmouna Coulibaly

Par Miss Natïaa, le 13 janvier 2014, dans Portrait
Plus connue sous le nom de twerk ( contraction de " twitch" qui signifie "mouvement convulsif" et de jerk qui veut dire "saccade"), cette manière de bouger le train arrière popularisée Outre atlantique par des chanteuses comme Beyoncé ou Rihanna-passées maîtresses dans l'art du Bootyshake- se retrouve dans bon nombre de danses africaines et caribéennes. Maïmouna Coulibaly en a fait une discipline : la Booty Therapy.
Maïmouna

A l'occasion d'un stage de Booty Therapy à Paris, nous avons rencontré Maïmouna Coulibaly, metteur en scène, commédienne, chorégraphe et danseuse.

<--break->Bonjour Maïmouna, peux-tu s'il te plaît te présenter?

Je m’appelle Maïmouna Coulibaly. Je suis professeur de danse, de booty theraphy qui mêle le n'dombolo, le coupé décallé, la dancehall, le kuduro, l'azonto. Toutes ces danses qui font appel à des mouvements du bassin. Je suis également chorégraphe, metteur en scène et comédienne.

D’où te vient cette passion pour la danse? As-tu toujours été professeur de danses? Comment t’es-tu décidée à le devenir?

Depuis que je suis petite. Mes premiers souvenirs je devais avoir 4 ans, j’avais vu les Clodettes à la télé et je trouvais ça trop fort. Des filles habillées en bikini entrain de danser, je trouvais que ça en jetait trop et je me suis dit : j’ai envie de faire ça. Je voyais également les petits rats de l’Opéra et ça aussi ça m’attirait.

Quand j’étais plus jeune, j’étais timide, je n’osais pas trop parler et aujourd'hui encore un peu quand je suis au milieu de gens que je ne connais pas. J’avais du mal à m’exprimer, je parlais trop mal. Je trouvais qu’il y avait plus de choses qui passaient à travers le corps qu’avec la parole.J’avais quelques choses avec les mouvements. Pour moi on ressent plus de choses avec les expressions du visage, qu'avec la parole.

Maïmouna peux-tu nous expliquer ce qu'est la Booty Therapy?

C’est le fait de bouger les fesses pour assumer sa féminité. C’est le fait de s’affirmer à travers cette partie du corps ultra féminine. Que l'on soit en France, en Afrique, en Suède ou aux États-Unis, les femmes ont souvent du mal à exprimer leur féminité car elles sont bridées. Il faut se cacher pour ne pas être accusées d'inciter au viol ou être traitées de "petasses" et j'en passe. De plus les médias et en particuliers les magazines féminins incitent à l'uniformité. Tout est photoshopé...Cela créé des complexes chez beaucoup de femmes.

A travers la Booty Therapy, pendant les cours j'incite les femmes à être vraiment naturelles. Chacune à travers son corps peut exprimer qui elle est, sans tabou.

Le gros challenge de ce concept c’est de permettre aux femmes de s’assumer telles qu’elles sont : grosses, petites, minces, supers grandes, pas de seins, de gros seins.

Pour moi c’est super important qu’on puisse se sentir bien dans notre corps.

Booty Therapy

Pourquoi avoir choisi comme danses la dance hall, le coupé décalé, l’azonto, le kuduro ou le n'dombolo ?

En fait ce sont ces musiques et ces danses qui sont venues à moi. Quand je les entends, j’ai plein de pas qui me viennent en tête : faut faire ci faut faire ça, faut bouger comme ça.Ce sont les sons qui me plaisent. Dans ma cité, j’ai grandi avec des antillais, des ivoiriens, des congolais etc. Tout le monde partageait ces danses et ces musiques.

Donc le ragga, je l’ai découvert avec les antillais qu’il y avait dans ma cité au milieu des années 90.

Avant il y avait ce vrai truc de la danse, tu pouvais danser un  bon ragga, un bon zouk avec un gars sans arrières pensées maintenant ce n’est pas plus comme ça.

Avec ces danses-là, il y a un échange ; tu sens bien la personne.

Plus jeune, je ne savais pas trop où me situer, en tant que française-africaine. J’avais fait un rejet de mon côté africain, par rapport à certaines choses imposées par la culture malienne de mes parents…Un total rejet et quand j’ai découvert le dancehall et le soukouss il y a quelques choses qui me ramenait à mon côté noir même si ce n’était pas malien, ça me nourrissait.

Après la kiizomba, c’est à la mode mais ça ne me parle pas plus que ça, je trouve ça super beau mais moi je m’adresse plus aux femmes plus qu’au couple. Je compte néanmoins faire un stage en couple dans l’année.

Booty Therapy

Comment participer à tes cours? Y a-t-il des pré requis particuliers pour assister? Y a-t-il des niveaux?

Non, il n’y a pas de prérequis.

Ce qui m’intéresse c’est d’avoir des filles de tous niveaux, des filles qui dansent super bien et des filles qui n’ont jamais pris un seul cours de danse.

Ce qui m’intéresse, c’est avec ce mélange que des choses magiques se créent. Donc pour moi c’est important (cette disparité).

Donc c’est tous niveaux et pour celles qui ont un très bon niveau c’est bien qu’elles soient là même si elles connaissent toutes les phases. L’ambiance qu’il y a dans ces cours-là, je ne sais pas si on le retrouve partout.

Peux-tu nous expliquer comment se déroulent tes cours?

Le cours commence toujours par un échauffement et des étirements pour chauffer le cours.

À la séance du lundi, on a la petite session d’abdo-fessiers, je me suis rendue compte que plus on souffrait au début plus on se lâchait par la suite. Si j’avais la possibilité de le faire au début de chaque cours, je le ferai.

Le mercredi, en dancehall comme on doit rendre la salle à l’heure pile et je perds du temps avec les inscriptions et au deuxième cours avec le ndombolo et coupé décalé on en a moins besoin parce que c’est moins physique que le booty shake pure et la dancehall.

Après, j’ai toujours une chorégraphie d’échauffement simple à attraper et qu’on enchaîne comme la base de la booty therapy.

On travaille une ou deux chorées dans le cours et quand on a le temps on fait des étirements pour finir le cours pour faire descendre l’adrénaline, mais on n’a jamais le temps (rire).

 

élève au stage de Booty Therapy de décembre

Quelle tenue conseillerais-tu d’avoir pour danser (tenue - chaussures)?

Pour la dancehall : je préfère en baskets

Pour le coupé décalé, ndombolo : je préfère pieds nus

Pour le booty shake : pieds nus ou en talons (en soirée, on danse bien 4h d’affilé ;))

On fera un cours spécial talons avec tout le monde en talons.

Mais ce qu’il faut absolument ce sont les genouillières (je confirme)

Pour la tenue : shorts, petites jupettes ou leggings bariolés pour mettre le bassin en avant. Parce que les leggings noirs, je ne vois pas les mouvements, on les voient moins. C’est important que l’on se regarde les unes les autres dans un bon esprit pour qu’on puisse voir les démarcations. Avec un bas à motifs, tu vois bien les mouvements, les petits détails et ça encourage, c’est beau. On se rend compte de la puissance des fesses.

Pour le haut : un t-shirt remonté ou avec un noeud. J’aime bien quand le ventre est dégagé, on voit mieux les mouvements du bassin.

Booty Therapy

Tes cours sont de plus en plus prisés, comment expliques-tu ce phénomène?

Je pense que c’est la télé, les magasins, les interviews. Ça fait 17 ans que je donne des cours, sur Paris depuis 1999.

Au départ, j’étais la première à donner des cours de dancehall, ndombolo, azunto, je me battais.

Maintenant ça a explosé pour la dancehall et un peu moins pour les danses africaines.

Je pense que ce qui a fait que ça dure et que ça fonctionne toujours c’est que moi je ne suis pas à la recherche du dernier son à la mode ni de la dernière danse à la mode et de faire des vidéos sur le dernier son que Major Lazer a pu sortir. Je trouve ça trop simple. Ma conception de la danse est autre, je préfère inventer des pas selon la musique. Après je prends aussi des pas des nouvelles danses qui me parlent mais je ne vais pas tous les prendre parce que c’est à la mode. C’est l’écoute du corps et du moment qui font que c’est intemporel.

Dans mes cours c’est surtout le bouche à oreilles qui fonctionne. Après c’est vrai que depuis le mois de Mai, j’ai enchainé beaucoup de plateau télé, grâce à Audrey Pulvar qui m’a encensé. Vraiment, elle a été géniale.

Après D8 et Canal+ m’ont appelé pour le Grand Journal et Incroyable talent.

Y a-t-il des cours supplémentaires prévus, en plus de ceux du lundi et du mercredi?

C’est pour ça que je fais la formation (première fois de ma vie que j’ai un stage de 50 personnes complet 10 jours avant la date, c’est génial).

Je vais essayer de proposer des stages plus régulièrement et de former aussi des gens.

Je n’ai pas envie que le concept meurt avec moi donc j’ai envie de former des profs et qui le feront à leur niveau. Y’a pas mal de personneS qui me disent « oui mais si ce n’est pas toi, ça va pas marcher » mais je vais bien les coacher, bien les booster. On verra ce que ça donnera. Donc c’est ça ma solution par à la forte demande qu’il y a.


Certaines personnes sont réticentes ou trouvent ces danses (surtout le dancehall) dégradantes pour la femme ou encore vulgaires. Quel message souhaiterais-tu leur faire passer?

Qu’il ne faut pas le regarder dans ce sens-là. Après pour moi quand je  danse, c’est pour moi-même et pour les autres mais d’abord pour moi. Quand c’est pour les autres ce n’est pas pour attirer un gars. Pour moi la danse c’est pas ça, c’est la féminité, c’est nous, c’est notre corps.

Qu’ils mettent ce truc-là de côté et après tu danses, on est dans une salle fermée, on est entre nous. Je trouve que c’est super, surtout la dancehall. Les choses sensuelles que les femmes font-là.

Quand je vois des critiques, je dis « viens au cours, ça va te faire du bien tu vas voir ! Ça va te détendre ».

Les gens ne sont pas prêts. Petit à petit, je fais mon chemin. Je veux que ça se développe parce que c’est quelque chose d’important pour les femmes. Vraiment  !

Ce que je leur dirai, c’est juste d’essayer un cours… mais qu’ils paient. Qu’ils fassent la démarche.

Il y a la gogo danseuse et y’a la danseuse dancehall de l’autre. Même si il y a des pas qui peuvent se ressembler.

Là on est là pour s’assumer, on a le sourire ou la rage mais on est là ! On n’est pas là avec un regard salasse. C’est ça la différence !

 

Booty Therapy

Pour finir Maïmouna, quels sont tes futurs projets pour la Booty Therapy?

Il y aura une nouvelle formation pour devenir prof de Booty Therapy en février, peut-être.

J'ai deux pièces de théatre de prévue cette année. La première est mise en scène par Virginie BERTHIER et aura lieu à Grenoble le 3,4 et 5 Avril 2014.

La seconde aura lieu du 9 mai au 8 juin à la Tempête à Paris, une pièce de Koffi KWAHULÉ.

Un spectacle de fin d’année est prévu qu’avec les élèves le 21 ou 22 juin 2014.

Retrouvez l'actualité de Maïmouma et des bootykilleuses sur la page facebook Booty Therapy.

Maïmouna jouera à Paris du 6 Février au 22 Février au théâtre le Passage vers les étoiles, sa comédie chorégraphique satirique de Maïmouna Hééé Marimou.

3 stages de booty therapy avec différents mix des danses Coupé Décalé, Kuduro, Ragga Dancehall, #twerk, #BootyShake, N'Dombolo

Stage 1: le samedi 25 Janvier de 13h à 14h30 à Micadanses Studio Biped au 16-20 RUe Geoffroy Lasnier, métro Saint-Paul.

Stage 2: le samedi 25 Janvier de 14h30 à 16h à Micadanses Studio Biped au 16-20 RUe Geoffroy Lasnier, métro Saint-Paul.

Stage 3: le dimanche 9 Février de 16h à 18h à Micadanses Studio Biped au 16-20 RUe Geoffroy Lasnier, métro Saint-Paul.

Réservez vos places ici.

 

Crédit photos : David CHIMISTE

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Commentaires

Je suis entièrement d'accord

Je suis entièrement d'accord avec Maïmouna Coulibaly sur la connotation de ce type de danse. J'ai été extrêmement surprise en arrivant en France de voir à quel point danser du bassin est connoté ici. C'est-à-dire que dès qu'une femme danse en bougeant des reins et du bassin, elle est qualifié d'allumeuse ou pire de p*te. Chez nous, on fait ça depuis gamins et il n'y a jamais eu de problème ou d’ambiguïté à danser comme ça avec des amis masculins.

Quand une de mes collègue m'a raconté qu'elle avait vu une autre collègue danser de cette manière, elle l'a traitée d'aguicheuse. Je lui ai demandé si elle fixait des yeux un ou des hommes en particulier en dansant ou est-ce qu'elle s'approchait d'eux en essayant de les séduire. La réponse était non. Je lui ai répondu que si elle me voyait danser moi, je serais une prostitué à ses yeux...
Il y a une grande différence entre danser et s'exprimer avec son corps (chose qui est déjà difficile ici culturellement - la moindre tape sur le bras étant déjà considérée comme déplacée) et allumer un homme par la danse. Finalement, on se dit libérés, on dit qu'on s'exprime mais les carcans puritains et machistes sont encore très lourds.

Le bassin, les fesses (citons-les) sont une partie du corps comme une autre ; c'en est même le centre. Oui, c'est à ce niveau également que se trouvent les organes sexuels. Et alors... ça fait partie de la vie aussi. Et puis, enfin, des courbes féminines en mouvement c'est tellement beau. Non ?

Merci!

Nous partageons le même point de vue.

J'ai 14 ans et je voudrais

J'ai 14 ans et je voudrais savoir a quel age peut on commencer a danser le booty car je suis vraiment interesser par cette danse
merci

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